Canalblog Tous les blogs Top blogs Maison, Déco & Bricolage Tous les blogs Maison, Déco & Bricolage
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Trinity's hobbies
Publicité
5 septembre 2010

Atelier d'écriture...

Cette année, j'ai entrepris une formation autour des Ateliers d'écriture, je vous ai déjà partagé l'une de mes productions... Et là je devais écrire une nouvelle dont je ne me souviens plus exactement de la consigne, mais il me semble qu'il s'agissait de décrire une passion qui amenait à les destruction.

Bobby se préparait pour le dernier concours tunning de la saison. Il l’avait préparé ce rendez-vous, il l’avait briqué sa Belle. Elle était merveilleuse, rutilante à ses yeux. Il lui avait trouvé une peinture indéfinissable, un rose, parme, vert, violet, mordoré, enfin dès que vous bougiez de quelques millimètres, Titine voyait sa couleur virer, un véritable arc-en-ciel… Pour en arriver, à ce phénomène visuel, Bobby était allé jusqu’à Bruxelles pour trouver le spécialiste européen seul capable de réaliser ce chef d’œuvre pictural. Il avait cassé son petit cochon rose où il glissait ses économies depuis des années. En effet, ce sublime arc-en-ciel lui avait tout de même coûté la bagatelle de 3000 euros ! Bobby, avec son boulot d’agent de sécurité, avait du mal à dépasser les 1000 euros net par mois… Mais pour sa Belle rien n’est trop beau… et pour Elle, il sait se montrer patient.

Sa Belle, il l’a rencontrée en 1999, il avait alors tout juste 18 ans, il venait d’avoir son permis de conduire… Ce fut donc sa première ! Titine, une Peugeot, 205, diesel, à l’époque elle était rouge, et elle avait déjà quelques années… Sur sa carte grise, enfin sa carte d’identité à elle, il est inscrit 1990. Titine a donc maintenant 20 ans et c’est d’ailleurs pour fêter ses 20 ans que Bobby a décidé de lui offrir ce lifting, parce que sa Belle, « elle le vaut bien » !

Aux yeux de Bobby, rien ni personne ne pouvait rivaliser avec Titine. Sa Belle son premier Amour et son seul et Grand Amour… celle qui ne l’a jamais trahie, jamais abandonnée, jamais déçue… 

Ce jour là, à Pecquencourt, une blonde à forte poitrine avait tourné plusieurs fois autour de Titine et avait même osé demander à s’asseoir à l’intérieur de la Belle, et avant que Bobby n’ait pu lui répondre, de sa voix la plus désagréable « NON ». La Blonde était déjà installée à la place passager. La Blonde, non contente, d’avoir pu poser son fessier sur les sièges bacqués (refaits à neuf par Bobby, lui-même), abaissa le pare-soleil et commença à sortir ses pots de peinture faciaux afin de se refaire un ravalement facial digne de ce nom…

 Bobby n’en pouvait plus mais l’hyper ventilation bloquait toute initiative de mouvement, et aucun son ne pouvait sortir de sa bouche… Il était littéralement scotché sur place. Comment cette Blonde avait-elle pu prendre les rennes de Titine sans qu’il puisse réagir ? Que se passait-il donc ?

 Au loin, on entendit un bruit sourd et le ciel s’assombrit tout à coup. Instantanément une averse se déclencha. La vigueur des gouttes d’eau réanima Bobby qui se précipita au volant pour déplacer sa Belle et la protéger d’un coup de foudre. Dans sa précipitation, il en oublia la Blonde. Il démarra aussi rapidement que possible mais toujours avec la tendresse qui sied tant à Titine. Il la gara à l’abri afin qu’elle puisse éviter les dégâts d’un éventuel orage. En stoppant le moteur, il entendit alors la Blonde, qui gémissait… Bobby se retourna vers elle et ne put retenir un énorme éclat de rire en voyant sa tête lacérée d’un énorme trait de rouge à lèvres. Plus, il riait, plus la Blonde s’énervait et semblait se mettre en colère. Et là, sans que personne ne comprenne quoi que ce soit Bobby et la Blonde se regardèrent enfin et le silence tomba et comme si la foudre était bel et bien tombée sur eux, ils s’embrassèrent…

La Blonde s’appelait Pamela, elle était la première femme à avoir le privilège de s’asseoir dans Titine. Après avoir enfin pu se détacher les lèvres l’un de l’autre, Bobby et la Blonde se regardèrent enfin. Bobby eut comme un flash. La Blonde avait les ongles vernis arc-en-ciel d’une nuance quasiment identique à la carrosserie de Titine, le maquillage de ses yeux s’harmonisait parfaitement avec l’intérieur de Titine, cela ne pouvait être un hasard ? Et ce trait de lipstick qui lui barrait encore le visage était de l’exact ton du croquet des sièges de sa Belle. Tout cela était incroyable !

 Bobby comprenait son attirance incroyable pour cette fille. Elle avait un quelque chose de Titine... Elle se coordonnait à Titine.

Bobby a la passion du tunning qui le hante depuis son adolescence, Pamela quant à elle a une autre passion. Comme beaucoup de ces filles des corons, elle est majorette, elle est même la capitaine des majorettes.

Mais le rêve de Pamela était de devenir danseuse au « Moulin Rouge ». Elle avait toujours rêvé de danser le French Cancan… En effet, petite, elle avait eu la chance d’accompagner sa grand-mère dans les voyages du C.C.A.S et plusieurs fois elles étaient allées à Paris au « Moulin Rouge » voir ces filles qui dansaient en levant leurs belles gambettes… et laissaient apparaître de jolis frous frous sous leurs jupes à volants.

 A défaut de devenir danseuse de Revue, Pamela devient Majorette. Une tradition fort répandue dans son Artois natal.

 Pamela était capitaine depuis deux ans et elle avait transmis à la troupe son énergie, sa fougue ce qui avait permis aux « Angel’s Starlings » de voir leurs effectifs tripler en une année. La troupe accueillait alors une cinquantaine de filles, âgées de 4 à 28 ans. Pamela régentait cette compagnie du haut de ces 25 ans avec la poigne qui sied à toute maitresse femme. Elle motivait, entrainait, créait les chorégraphies, dessinait les costumes et accompagnait « ses » filles comme si elles étaient le prolongement d’elle-même.

C’est donc à cette époque que Pamela et Bobby se rencontrèrent. Chacun étant plus ou moins à l’apogée de la réussite dans son domaine de prédilection, le tunning pour l’un et les majorettes pour l’autre.

Très vite, les deux amoureux s’installèrent dans leur maison, la rapidité de leur décision surpris évidemment leurs entourages respectifs. En effet, tous les deux étaient connus pour être deux personnalités indépendantes et tout le monde les imaginait peu devoir faire les concessions nécessaires à toute vie conjugale. Mais pour nos deux tourtereaux leur union était une évidence !

Pamela se mit peu à peu à déléguer quelques responsabilités à la Seconde… et il lui arriva de rater une répétition puis une autre. Et un dimanche, elle ne participa pas à un festival. Elle était occupée à arranger leur nid douillet et c’est vrai que de ce côté-là, il y avait du travail. La plupart des corons miniers avaient été réhabilités au fils des décennies mais ils se dégradaient très vite, les locataires ne prenaient pas grand soin de cette mémoire vivante. De ces lieux qui a une époque représentait le progrès social, le plein emploi… le paternalisme des grands patrons de la fin du XIXème siècle. Comme leurs parents et leurs grands parents, Pamela et Bobby choisirent naturellement une maison des mines qu’ils louèrent à la Sorginorpac. Avec le loyer qu’ils donnaient pour ce taudis, ils auraient pu s’offrir un joli appartement en centre ville de Béthune mais leur culture ne leur permettait même pas d’imaginer cela. On n’est né à Calonne, on y reste. Heureusement Bobby avait son boulot de vigile à Lens. Quant à Pamela, elle cherchait depuis toujours un contrat pour exercer son BEP secrétariat que bien sur elle n’avait pas choisi. Elle souhaitait s’occuper d’enfants mais l’orientateur du collège lui avait dit qu’elle n’avait pas le niveau et qu’il fallait qu’elle fasse secrétaire. Pourtant s’occuper des gamins, elle sait faire, avec les majorettes, elle a toujours su se débrouiller, ce n’est pas comme avec l’ortaugraffe et la gramère.

Bobby qui n’avait plus qu’un seul objectif dans la vie : « rendre Pamela heureuse », lui proposa d’aller voir quelqu’un de bien qui pourrait l’aider à trouver un boulot qui lui plaise vraiment. Elle réussit donc à faire un bilan de compétence qui l’orientât vers la création de poupées.

 Très vite ce travail devint pour elle une passion car il réunissait tout ce qu’elle avait toujours aimé. Elle créait, elle maquillait, elle coiffait, elle habillait, elle positionnait… C’était en quelque sorte de mini majorettes hyper obéissantes et toujours tirées à 4 épingles.

 Au début, elle exerçait son art dans ses lieux de stage, elle ne faisait que ramener ses créations qui très vite se sont accumulées. Mais au fil du temps, elle s’est installée un véritable atelier à la maison et d’un petit coin, l’atelier s’est étendu à une chambre celle qui était destinée au bébé dont le couple avait parlé mais dont depuis quelques temps seul Bobby parlait. Pamela n’avait-elle pas déjà ses bébés ? Ses bébés qui envahissaient toute la maison certes petite mais la densité de poupées au mètre carré avait déjà dépassé depuis longtemps la densité de l’Inde.

 Elle en vendait bien quelques unes. Son blog « Pamela’s dolls » était devenu incontournable, elle vendait désormais plusieurs poupées par mois mais elle en fabriquait beaucoup, de plus en plus. Bobby passait presque tout son temps libre à la maison seul, il en avait été contraint de reprendre quelques aménagements de Titine afin de pouvoir se consoler de ce vide affectif.

Bobby commençait à désespérer. Sa bien aimée devenait de plus en plus inaccessible et cela devint intolérable quand Pamela installa une de ses poupées sur la plage arrière de Titine. Ce fut la Poupée de trop !

Bobby qui n’avait jamais accepté que quiconque touche à sa Titine fut alors pris d’une furie invraisemblable. Il arracha la poupée. Il se précipita dans la maison. Grimpa les escaliers qui menaient à l’atelier de fabrication des poupées. Ne prie pas la peine d’ouvrir la porte, il la traversa. Il agrippa les cheveux de Pamela d’une main et de l’autre, il lui enfonça la poupée dans la bouche. En quelques minutes, Pamela fut étouffé par sa dernière création.

Publicité
Commentaires
Trinity's hobbies
Publicité
Newsletter
Publicité
Archives
Publicité
Publicité